Les capitelles

Historique – Origines des cabanes en Pierre Sèche

Bien que des études, effectuées depuis une cinquantaine d’années, aient recherché une lointaine origine issue des âges préhistoriques à cette architecture en Pierre Sèche, on considère aujourd’hui que bon nombre de cabanes ont été construites au XVIIIème siècle, surtout au XIXème siècle, parfois dans le premier tiers du XXème siècle. Le mode de construction, lui, est très ancien : la fausse voûte ou « voûte en encorbellement », qui est l’une des caractéristiques de ces édifices, a été utilisée il y a 5000 ans (avant Jésus-Christ).

Partis à la conquête de terres difficiles d’accès, situées sur des zones à affleurements rocheux, à flanc de coteaux, les agriculteurs ont pratiqué l’épierrement des sols ; il fallait se débarrasser de ces grandes quantités de pierres et surtout éviter leur transport : elles ont donc servi, les unes à construire des murs de terrasses, des enclos pour se protéger des troupeaux ou pour les parquer, les autres à ériger des cabanes (appelées récemment des capitelles) pouvant servir d’abris pour les hommes, les animaux, les récoltes, les outils : ces cabanes à fonction multiples étaient d’autant plus nécessaires, que l’éloignement du village et la lenteur des moyens de transport étaient manifestes . Les pierres en excédent étaient réunies au centre de la parcelle et constituaient des « clapas » transformés souvent en « garennes ».

Ainsi, la plupart des cabanes a été construite par les agriculteurs : certaines, « plus sophistiquées » l’ont été par des professionnels ou « cabanaïres ».
Réparties sur tout le pourtour du Bassin Méditerranéen et en Irlande, en France jusque dans la vallée du Rhône, dans le Jura et le Massif Central, elles ont pour chaque pays, chaque région, une originalité architecturale, une histoire, spécifiques. 

Les capitelles de Malves-en-Minervois

Sur le haut du village de Malves-en-Minervois, dans le prolongement de la rue Trencavel, un circuit des capitelles est signalé par le panneau Cabanot.

Ces abris rustiques ont été construits avec des pierres trouvées sur place, sur des terres où poussaient des vignes et des céréales.
L'épaisseur des murs (70 à 80cm), leur orientation (porte tournée vers le sud) en font des ''habitations'' d'un jour, sûres et agréables.
Les fenêtres, sorte de meurtrières ébrasées vers l'intérieur, sont rares ou inexistantes.
La partie la plus remarquable est la toiture, plate ou en dôme, dont la voûte en encorbellement est parfaite. Il n'y a pas de cheminée, parfois un petit banc à l'intérieur, souvent un abri plein sud à l'extérieur, contre le mur de clôture, ainsi qu'une garenne (clapas) et des ''assiétadous ''.
Au dessus de la porte (de 1m à 1m50) un linteau de grès est parfois surmonté d'un triangle de décharge.