​​​​​​​                           Le Village

Malves est un village typiquement méditerranéen développé sur la face sud d'une colline exposant ses toits au soleil méridional.
Les origines du peuplement de ce territoire sont mal connues. Seul témoin de la préhistoire plus précisément du Néolithique se dresse à 500 mètres à l'ouest du village, un des plus grands menhirs du département la "Peiro ficado". L'antiquité a laissé au sud de la commune un tronçon de plus d'un kilomètre du "Cami Romieu" voie romaine secondaire qui doublait la Voire d’Aquitaine au pied de la Montagne Noire. A proximité de cet ancien "chemin public" par lequel s'est fait pendant des siècles la communication entre le haut et le bas Languedoc, on trouve encore dans les vignes des vestiges de l'antiquité ou du haut Moyen Age. Parmi ceux-là, les ruines de l’Eglise Saint Marcel, entourée naguère de sépultures taillées dans le roc, laisse supposer par son vocable paléochrétien, une fondation remontant peut être à l'époque wisigothique. 

Le hameau de Villepeyroux, encore habité, situé au sud du village sur la voie romaine a pour origine un ancien prieuré Notre Dame, uni d'abord à l'abbaye de Saint Pons, puis à celle de Lagrasse. La première mention date de 1181 sous la forme "Alos de Vilarperio" mais sa fondation date probablement des environs de l'an mil. C'est en tous cas une paroisse citée en 1269 au même titre que celle de Malves.

Le "Castrum" ; Un village né du château

La fondation du château de Malves par une famille seigneuriale probablement apparentée à celles de Laure et Cabaret, participe vers la fin du XIème siècle ou le début du XIIème du phénomène de "Inscastellamento" vague de construction de château qui affecte à cette époque l'Occident méditerranéen.
Le château exerce alors une attraction sur la population environnante, notamment celle de Villepeyroux, et un village ou "castrum", village fortifié né d'un château, au plan radioconcentrique encore sensible dans le cadastre actuel, se développe autour de lui. Le peuplement médiéval de Malves, outre Villepeyroux, a peut-être pour origine un autre lieu : en effet la paroisse de Malves se rendait autrefois en procession à la "Croix du viguier" ancienne métairie citée au XVème siècle sous le nom de 'Santa Aularia" 'Sainte Eulalie. Il s'agit d'un ancien décimaire situé entre Bagnoles, Villalier et Malves, où se trouve, dit-on un ancien cimetière. Les feux follets, qui y étaient visibles les nuits d'été, ont fait de ce lieu un objet de superstitions. La métairie  est tombée en ruine, personne ne voulant y séjourner.

On dispose de peu de renseignements sur la seigneurie de Malves au Moyen Age. Il se peut qu'elle ait été, et soit restée après la croisade Albigeoise dans la mouvance de la famille de Cabaret. Un des premiers seigneurs cités est Jordan le Noir dont la famille possède aussi VILLARZEL  et VILLARLONG. La baronnie de Malves appartient ensuite à la famille de Grave, puis elle est achetée en 1490 par "Noble Guillaume de Bellissens, marchand" Viguier de CARCASSONNE et châtelain d'une des tours de Cabaret.

Les Bellissens de Malves font partie d'une puissante famille de marchands drapiers. Ils avaient des hôtels particuliers à CARCASSONNE et des relations avec l'Italie et l'Espagne, ce qui peut expliquer la qualité des décors conservés dans le château.

(Recherches effectuées par Marie-Elise GARDEL)